Mémoire & Justice
Le Canada veut expulser un autre Rwandais pour participation au génocide
Jeudi, 08 Mars 2012 08:20

(Radio Canada 08/03/2012)

expulsion_canadaTélesphore Dereva, un Rwandais établi au Canada faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international par la justice de son pays, a été libéré sous caution mercredi après avoir été arrêté par les autorités canadiennes.

Le Rwanda le soupçonne d'avoir fait partie des milices qui ont participé au génocide de 1994.

M. Dereva, un Tutsi né en 1960 et arrivé en 2007 au Québec, a reçu fin février une lettre de l'Agence des services frontaliers (ASF) lui demandant de se présenter le 5 mars au bureau local de l'ASF, a indiqué à l'AFP son avocat, Philippe Larochelle.

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25.000 corps de victimes du génocide inhumés au sud du Rwanda
Mardi, 28 Février 2012 08:53

 

gikongoro_corps_inhumsKigali, 27 février 2012 (FH)- Plus de 25.000 corps de victimes du génocide perpétré contre les tutsis ont été extraits ce dimanche de fosses communes et inhumés de nouveau dans un mémorial situé à Cyanika, dans l'ancienne préfecture de Gikongoro, au sud du Rwanda, a constaté l'agence Hirondelle.

La cérémonie a eu lieu à l'église de Cyanika où, le 21 avril 1994, environ 25.000 tutsis qui s'y s'étaient réfugiés furent massacrés par des miliciens interahamwe, gendarmes et soldats de l'armée gouvernementale.

« Le 21 avril, soldats, gendarmes du gouvernement, milicien (...) nous ont encerclés et ont ouvert le feu...D'autres achevaient les victimes à l'arme traditionnelle (...) Ils pulvérisaient du piment dans le tas et achevaient quiconque toussait », s'est rappelé un rescapé du massacre, dans une atmosphère pleine d'émotion.

Parmi les victimes figure l'abbé Joseph Niyomugabo, alors curé de la paroisse de Cyanika, qui, au prix de sa vie, avait refusé d'abandonner ses ouailles. Selon plusieurs témoignages, le prêtre a été tué après avoir appelé, en vain, son évêque au secours.

En avril 1999, ce dernier, Mgr Augustin Misago avait été arrêté pour crimes de génocide et crimes contre l'humanité. Acquitté et libéré en juin 2000 par un tribunal de Kigali, le prélat officie à la tête de son diocèse de Gikongoro.

 

 

 

 
Léon Mugesera entre les mains de la justice du Rwanda
Mercredi, 25 Janvier 2012 16:15
Par RFI

Le Rwanda se réjouit de l'extradition de Léon Mugesera. Cet ancien homme politique rwandais accusé d'incitation au génocide vivait au Canada depuis 1993. Kigali souhaite le juger depuis des années. La justice canadienne aLeon_Mugesera rejeté lundi 23 janvier 2012 une ultime requête de Mugesera, qui tentait de s'opposer à son expulsion. Même s'il n'était plus présent sur le sol rwandais au moment du génocide de 1994, il en est considéré comme l'un des idéologues.

C'était le 22 novembre 1992 dans la préfecture de Gisenyi. Un discours resté dans les mémoires. Face à la foule, Léon Mugesera, ex-professeur d'université, devenu cadre influent du parti du régime Habyarimana traite les Tutsis de cafards. Il suggère entre autres d'exterminer les proches des rebelles du FPR (Front patriotique rwandais), « ceux dont vous ne couperez pas le cou vous couperont le vôtre », dit-il encore.

A l'époque, le ministre rwandais de la Justice, issu d'un parti d'opposition, en vient même à lancer un mandat d'arrêt contre lui pour incitation à la violence. Et Léon Mugesera fuit le pays pour se réfugier au Canada, en 1993. Depuis, le génocide a eu lieu au Rwanda. Et Kigali réclamait son extradition. Aujourd'hui, le ministre de la Justice Tharcisse Karugarama dit sa satisfaction : « Mugesera, c’est un type qui représente vraiment la haine. Finalement, la justice sera rendue ».

Déception en revanche des avocats de Léon Mugesera, à l’instar de Maître Philippe Larochelle. « Pour moi, il doit y avoir un procès, oui, mais il doit y avoir un procès dans les conditions où on va avoir une défense pleine et entière, et il va pouvoir s’expliquer. Or, cela ne sera pas possible dans le Rwanda d’aujourd’hui » a-t-il conclu.

Même si des ONG en doutent, le Rwanda a donc convaincu certains de sa capacité à juger lui-même désormais les suspects de génocide. Le mois dernier, c'est le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) qui s'est prononcé pour la première fois pour le transfert d'un de ses accusés vers Kigali.

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