Le scandale le plus insoutenable de la Ve République
Vendredi, 06 Avril 2012 19:26

un_massacre_francaisLa politique française au Rwanda, pendant la période du génocide contre les Tutsis en 1994, a été maintes fois mise en cause pour son aveuglement, voire sa complicité.

"Toutefois, jamais encore on n’avait sérieusement prétendu, encore moins démontré, que des commandos de l’Armée française avaient directement participé à certains massacres.

C’est chose faite aujourd’hui." (Géraud de la Pradelle, auteur de la préface du livre de Serge Farnel, Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?)

 

Les 13 et 14 mai 1994, 40 000 hommes, femmes, enfants, sont exterminé(e)s dans les collines de Bisesero. Ce fait est de notoriété publique. Ce qui l'est moins serait la présence de soldats français parmi les utilisateurs d'armes lourdes ou automatiques. Ouvrant le feu sur ces civils, ils auraient fait un véritable carnage.

Une enquête fouillée réalisée en 2009 et 2010 avec de nombreux témoignages précis de rescapés et de bourreaux (voir le site du livre www.rwanda13mai1994.net) Un livre-événement de plus de 800 pages faisant état de la participation directe de l'Élysée au génocide.

C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas tout.

un_attentat_francaisEn janvier dernier, coup de théâtre. Un rapport d'expertise commandé par le juge Trévidic a conduit à écarter définitivement la thèse de la responsabilité du FPR dans l'attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Juvénal Habyarimana et servit de prétexte au déclenchement du génocide. Hypothèse déjà farfelue au départ. En revanche, la responsabilité de l'exécutif français paraît de plus en plus sérieuse, même si elle n'est encore évoquée que pudiquement. S'il est quelqu'un qui est resté sur cette ligne depuis 18 ans, c'est bien Michel Sitbon, éditeur à l'Esprit frappeur. Une anthologie de ses textes sur l'attentat se devait d'être publiée : l'analyse y est implacable et parfois vertigineuse.

 

 

 

Nous voici en pleine période électorale. Les candidats évitent les sujets qui fâchent, comme la Françafrique. La vraie, la carnassière, pas celle des petites magouilles dont on parle tant alors qu'on la déclare morte et enterrée depuis vingt ans. Il y a dix ans, je concevais le site stop-françafrique avec sa carte interactive, ayant lu Verschave, révolté par la découverte de cet abysse inconnu et terrifiant qu'est la politique française en Afrique. En 2012, le néocolonialisme efrancafriquest toujours d'actualité. Les tyrans gabonais et togolais, agents d'influence de la France pendant 40 ans, ont laissé place à leurs fils qui perpétuent la tradition coloniale. Les crises ivoirienne et libyenne ont tétanisé l'opinion par leur complexité. J'ai également voulu analyser le parcours des deux grandes formations politiques que sont l'UMP, le rameau principal de la Françafrique et le Parti socialiste, qui a toujours renié ses promesses d'en finir avec ce système.

 

 

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Bruno Boudiguet