Top articles - Actualité
- 1993 : que savait-on un an avant le génocide des Tutsi au Rwanda ?
- Génocide au Rwanda: un suspect arrêté en Norvège Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Génocide au Rwanda: un suspect arrêté en Norvège |
- Le mythe récurrent du lobby tutsi
- Des sanctions sévères pour les négationnistes du genocide des Tutsi de 1994
- Ban Ki-moon rend hommage aux victimes du génocide
- Lancement des activités de commémoration du génocide des Tutsi de 1994
| Trois ex-responsables de médias Rwandais clament leur innocence en appel |
| Jeudi, 18 Janvier 2007 00:00 |
|
(Le 18/01/2007) Condamnés en première instance, trois anciens responsables de médias, Ferdinand Nahimana, Jean Bosco Barayagwiza et Hassan Ngeze
ont mercredi, par le biais de leurs avocats plaidant devant la chambre d’appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), clamé leur innocence et dénoncé le jugement qui les avait condamné. Agés chacun de 57 ans, les universitaires Ferdinand Nahimana et Jean Bosco Barayagwiza sont parmi les fondateurs de la Radio-télévision libre des milles collines (RTLM) qui distillait des appels à la haine des Tutsis pendant le génocide de 1994. Hassan Ngeze, 46 ans, autodidacte qui s’est improvisé journaliste, était directeur et rédacteur en chef du journal radical hutu, Kangura. Le 3 décembre 2003, Nahimana et Ngeze avaient été condamnés à l’emprisonnement à vie tandis que Barayagwiza avait écopé de 35 ans de réclusion criminelle. Les trois Rwandais avaient été déclarés coupable d'entente en vue de commettre le génocide, de génocide, d'incitation publique et directe à commettre le génocide et d’extermination et persécution entendues comme crimes contre l’humanité. Selon le jugement, il y a eu une entente entre la RTLM et Kangura en vue d’exterminer les Tutsis. «Il n’ y a jamais eu de front médiatique commun ni entre les trois accusés ni entre les deux organes de presse », a déclaré au début de ses deux heures de plaidoirie, Me Jean Marie Biju-Duval, le conseil principal de Nahimana. L’avocat français a expliqué qu’il existait « un désaccord, une mésentente, une absence totale de contacts entre deux des conspirateurs présumés Nahimana et Ngeze ». M. Biju-Duval a par ailleurs soutenu qu’avant l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, « il n’y a pas eu d’incitation directe et publique à commettre le génocide sur les ondes de la RTLM ». Le défenseur a indiqué qu’après le 6 avril 1994, Nahimana était en fuite et que « pendant cette période du crime, la RTLM était dirigée à Kigali par son directeur Phocas Habimana et son rédacteur en chef Gaspard Gahigi », tous deux décédés. Il a souligné que le comité d’initiative de la RTLM dont faisait partie Nahimana et qui était présidé par l’homme d’affaires Félicien Kabuga -recherché par le TPIR- tenait lieu de conseil d’administration provisoire et n’était donc pas « un organe exécutant ». Pour sa part, Me Peter Donald Herbert (G-B), avocat de Barayagwiza, un autre membre du comité d’initiative de la RTLM a déclaré que le procureur n’avait pas démontré que son client exerçait « un contrôle effectif » sur les journalistes de la radio. Enfin le défenseur de Ngeze, Bharat Chadha (Tanzanie) a fait valoir que le journal Kangura n’avait pas été publié pendant le génocide. Les audiences en appel dans le procès des médias se sont ouvertes mardi avec l’audition d’un témoin de Ngeze. Elles se termineront jeudi avec la réplique du procureur aux arguments des avocats de la défense et par les déclarations des trois appelants. ER/PB/GF © Agence Hirondelle |
